LOUIS I° DUC D’ANJOU ET ROI DE NAPLES

LOUIS I° DUC D’ANJOU ET ROI DE NAPLES

 

Louis Ier d’Anjou, né à Vincennes le 23 juillet 1339 et mort le 20 septembre 1384 au château de Bisceglie près de Bari, est comte puis duc d’Anjou, roi titulaire de Naples. Il est le deuxième fils du roi de France Jean II le bon et de Bonne de Luxembourg et, donc, frère du futur roi de France Charles V.

En 1350, il est comte de Poitiers puis comte d’Anjou et du Maine en 1351, duc d’Anjou en 1360, et lieutenant du roi en Languedoc en 1364.

1356, le 19 septembre, la bataille fait rage à Poitiers. Jean II a emmené tous ses fils à la guerre. A Paris, il n’y a plus de princes de sang des Valois pour gouverner le pays. Quelle inconscience !! Si le roi et ses fils sont faits prisonniers, qui gouvernera la France ? Dans la soirée, la guerre semble perdue. L’étau se resserre autour du roi. A ce moment, Jean II connaît l’issue de cette bataille. Il ordonne son fils aîné, Charles, régent de France de quitter le combat avec ses 2 frères, louis, duc d’Anjou et Jean, duc de Berry. Il garde à ses côtés Philippe, duc de Bourgogne qui sera surnommé plus tard, Philippe le Hardi. Le trône de France aura son régent.

Otage des anglais pour garantir le traité de Brétigny, il fait appel à Du Guesclin pour gérer les affaires de son duché d’Anjou. Il le nomme lieutenant général. Bertrand du Guesclin a toujours été proche de la famille royale et, en particulier, de Louis I° d’Anjou.

Mais en octobre 1363, il compromet la paix franco-anglaise. En effet, son père, prisonnier des anglais, s’engage à donner des otages à Édouard III, roi d’Angleterre, en échange de son retour en France. En effet, Jean II doit voir le pape pour rassembler le reste de sa rançon. Louis I° d’Anjou n’accepte pas cet emprisonnement. Obtenant la permission d’aller en pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne où l’attend sa future épouse, il décide de s’enfuir. Il se marie avec Marie de Blois, fille de Charles de Blois, ennemi juré des anglais. Jean II est courroucé de la fuite de son fils et se fait rappeler à l’ordre par Édouard III. Il doit rentrer à Londres reprendre sa place de prisonnier en remplacement de son fils Louis en fuite.

En 1357, il assiste son frère dans la mise en place de la nouvelle politique de gestion du pays. Il commande l’armée. Il devient lieutenant du roi en Languedoc en novembre 1364.

En 1365, il reçoit, à Toulouse, Bertrand Du Guesclin à la tête d’une armée de 12 000 mercenaires en partance pour la Castille. Il lui expose son désarroi :

« – Seigneur, je suis affligé par l’assassinat de ma cousine, Blanche de Bourbon par le roi de Castille Pierre le cruel. J’éprouve le vif désir de venger la mort de ma cousine par votre armée. Mon frère Charles le veut aussi.

– Je vous promets d’entrer dans toutes ses vues et d’aller d’abord porter à Pierre le cruel le prompt et exemplaire châtiment. »

En 1370, en échange du comté du Maine, il devient duc de Touraine.

Il dirige la répression des routiers, et fait face à des insurrections urbaines en Languedoc. Devenu impopulaire, il est destitué de sa lieutenance à la suite d’une plainte des villes de Languedoc en mai 1380.

En septembre 1380, à la mort de son frère Charles V, il devient Président du Conseil de Régence de Charles VI, trop jeune pour gérer les affaires du pays. Il dirige le gouvernement royal jusqu’en 1382.

Il entreprend alors de mettre la main sur son double héritage de Naples et de Provence, et s’enlise dans l’imbroglio des affaires italiennes. En effet se dresse contre lui le cousin de la reine Jeanne, Charles III d’Anjou, duc de Durazzo, qui réclame le trône.

Après le décès de Jeanne Ire de Naples, qui l’avait adopté à la mort de sa mère Bonne de Luxembourg en 1349, il devient roi de Naples (1382-1384), comte de Provence et de Forcalquier (1381-1384) et roi titulaire de Jérusalem.

Il meurt en 1384 à Bisceglie, sans avoir obtenu de résultat décisif contre son compétiteur Charles de Durazzo, qui conserve le pouvoir effectif.

Il fut le tout premier Gouverneur militaire de Paris ( fonction toujours en vigueur de nos jours).

On lui doit la réalisation de la Tenture de l’Apocalypse, qu’il commanda vers 1375, et qui est maintenant exposée au Château d’Angers.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *