1358, DANS LA GRANDE JACQUERIE, LE SIÈGE DE MEAUX

1358, DANS LA GRANDE JACQUERIE, LE SIÈGE DE MEAUX

Rappelons-nous : le roi Jean II le bon est fait prisonnier à la bataille de Poitiers le 19 septembre 1356. Selon les historiens du moment, son fils aîné Charles aurait, soit fui ou écouté son père qui lui demandait de quitter le champ de bataille au plus vite pour préserver le royaume de France de ses ennemis (les Anglais et les Navarrais). Inévitablement, Charles, dauphin du Viennois, devient régent de France en l’absence de son père, prisonnier à Londres.

Pour libérer le roi de France, la rançon est estimée à quatre millions d’écus d’or. La bataille de Poitiers a coûté très cher à la France. Les finances sont au plus bas. Autour et dans Paris, les émeutes voient le jour. En cause, un nouvel impôt pour payer la rançon du roi et une noblesse, depuis les batailles perdues de Poitiers et de Crécy, devenue impopulaire. À Paris, Étienne Marcel, le prévôt des marchands, est en lutte contre le pouvoir royal et prend la tête d’une insurrection. L’Île-de-France, la Picardie, l’Artois, la Normandie et surtout le Vexin se soulèvent. Les paysans prennent les armes. Ils sont dirigés par Jacques Bonhomme appelé aussi Guillaume Carles. C’est la naissance de la Grande Jacquerie.

C’est un homme d’un certain charisme, « un homme bien sachant et bien parlant, de belle figure et de belle forme. » disent les sources de l’époque. Il commande des paysans, des misérables exaspérés et manquant de tout, argent et nourriture. Ils ne savent pas vers qui se tourner pour améliorer leur vie. Ils ne distinguent plus les routiers anglais des nobles français. Ils décident de s’armer pour se venger sur tous ceux qui les ont fait souffrir par le passé. Cent mille paysans en Picardie, Champagne, Brie et Beauce se soulèvent et s’arment avec des fourches, des couteaux et des bâtons ferrés.

Les nobles sont pourchassés, égorgés et brûlés dans leurs châteaux. Leurs femmes et leurs enfants sont massacrés sans distinction d’âge et de sexe. Le paroxysme de cette Jacquerie est atteint le 9 juin 1358 à Meaux.

Les nobles et leurs familles se réfugient dans le château. Mais là, où sera la perte des paysans est qu’ils veulent s’en prendre à la royauté. Dans la forteresse, Jeanne de Bourbon, la femme du dauphin Charles, la duchesse d’Orléans et le duc d’Orléans, fils de Philippe VI de Valois ainsi que trois cents dames et demoiselles s’y sont réfugiés.

Les paysans ne sont pas des soldats aguerris. Leurs chefs sont des meneurs, mais pas de brillants chefs de guerre. Incapables de mener le siège, ils sont repoussés malgré un secours de la milice parisienne d’Étienne Marcel. Ils ont face à eux des chefs renommés comme Jean de Grailly, le Captal de Buch, Gaston Phébus, le comte de Foix et le jeune Sire de Coucy. C’est la débandade. La déroute est complète. Les gens du château armés sortent et se ruent épées et lances droites. C’est un massacre. Les seigneurs enfermés dans la forteresse se vengent. Guillaume Carles est fait prisonnier. Il est sacré ironiquement, roi, par une couronne rougi par le feu puis il est décapité. Les paysans en fuite sont poursuivis et massacrés sur place. On recense des milliers de morts. Des villages entiers sont dépeuplés. De retour dans Meaux, les seigneurs et leurs gens brûlent le village. Seule, l’église est épargnée.

La Grande Jacquerie n’existe plus. Divisée en deux, la première troupe est écrasée au siège de Meaux et la deuxième est battue à Mello ( 60 ) par Charles le mauvais, roi de Navarre. L’insurrection parisienne d’Étienne Marcel est brisée. En effet, ce dernier est assassiné le 31 juillet 1358 par les bourgeois parisiens qui lui reprochent d’avoir voulu livrer la ville aux Anglais et d’être allé trop loin dans l’opposition à la monarchie.

En France, nous avons subi d’autres insurrections au moyen âge.

1378 et 1384. La révolte des Tuchins s’est passée au Languedoc et en Auvergne contre les méfaits des mercenaires gascons, anglais et français, mais surtout contre les prélèvements fiscaux et le pouvoir centralisateur du royaume de France.

1382. La révolte populaire de la Harelle est survenue en Normandie, à Rouen. Le peuple se soulève pour protester (entre autres) contre l’oppression fiscale. Les collecteurs de taxes et les usuriers sont les principales victimes du soulèvement populaire.

1382, la révolte populaire des Maillotins est un soulèvement qui s’est produit à Paris. Contre l’enrichissement des oncles du roi Charles VI, trop jeune pour gouverner, et le rétablissement des taxes sur les denrées de première nécessité, les Parisiens se révoltent. Artisans, ouvriers, paysans saccagent et tuent à l’hôtel de ville et à l’arsenal. Ils s’en prennent aux collecteurs d’impôts (leurs registres sont brûlés).

Puis, on peut aussi parler après le moyen age.

1548, la jacquerie des Pitaud dans le Bordelais contre la taxation du sel. Le 12 mai 1588, la journée des barricades contre Henri III, Roi Catholique qui désigne Henri IV, son successeur, un protestant. Plus près, 1789, la Révolution française, 1830, les Trois Glorieuses, 1848, le Printemps des Peuples, 1871, la Commune de Paris, 1968, etc..

L’Europe, l’Amérique, l’Afrique et l’Asie ont aussi eu leur compte d’insurrections.

Alors, où en sommes-nous aujourd’hui ? Danger ou pas danger, telle est la question.

John Fitzgerald Kennedy disait en mars 1962 : “Ceux qui rendent une révolution pacifique impossible rendront une révolution violente inévitable.”

Source : France historique et monumentale: Histoire générale de …Abel Hugo · 1841

Chronologie de révolutions et de rébellions – Wikipédia

 

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