BERTRAND DU GUESCLIN SUR TOUS LES FRONTS 1375-1377

BERTRAND DU GUESCLIN SUR TOUS LES FRONTS 1375-1377

Ces années 1375-1377 n’ont pas donné lieu à de grandes opérations militaires. Mais, pour Bertrand du Guesclin, cette période est riche en évènements.

L’affaire Jean de Hastings, 2° comte de Pembrocke

Henri II de Castille, pour remercier des bons et loyaux services de Bertrand du Guesclin, lui avait donné le comté de Soria. Le roi soucieux de réunir tous les territoires de Castille sous sa souveraineté propose à Bertrand de lui échanger le comté contre un prisonnier de valeur, Jean Hasting, 2° comte de Pembrocke. Souvenons-nous de la bataille navale de La Rochelle en 1372. Parti de Londres avec des renforts pour la Guyenne et la solde des soldats du Poitou, il est attaqué par la flotte castillane. Celle-ci est coulée et le comte est fait prisonnier. Ramené en Castille, il est mis à rançon. Le connétable accepte la transaction. Il récupère le prisonnier et lui demande une rançon de 120 000 livres. Il en reçoit une partie et, sur parole, le libère. Le comte se rend à Calais. Il en profite pour aller faire un voyage en Flandres. Il meurt peu de temps après à Bruges en 1375. Mais avant de mourir, il avait déposé toute sa fortune dans les banques de la ville et consigné le reste de sa rançon au bourgmestre. Mis au courant de la mort du comte de Pembrocke, Bertrand fait saisir le reste de la rançon. Mais, le duc de Lancastre le devance. Il obtient la mainlevée et s’empare de l’argent. Bertrand du Guesclin porte plainte au Parlement de Paris et fait assigner les bourgmestres de Bruges. De rage, il demande au roi de France d’aller y faire la guerre. Le roi temporise en fin diplomate. Il contacte les héritiers du comte de Pembrocke. Il récupère 54 000 francs qu’il donne à son connétable.

Le siège de Bergerac

Bertrand du Guesclin, sur demande du duc d’Anjou, rejoint la Guyenne avec le Maréchal de Sancerre et d’autres seigneurs. Le duc d’Anjou sait que la noblesse gasconne est mécontente de Thomas Felton, sénéchal d’Aquitaine, qui a assassiné de l’un des leurs, Guillaume-Sanche IV de Pommiers, vicomte de Fronsac pour trahison. Bertrand du Guesclin profite de cette discorde pour attaquer Bergerac, ville importante avant Bordeaux. Les faubourgs tombent, mais pas la forteresse. On amène des renforts et une grosse machine de guerre appelée « la truie ». Au moment de lancer l’attaque, Bertrand parle aux habitants. Après son discours, ils se concertent et décident de se rendre. Les Anglais, sous les ordres de Bertucat d’Albret, s’y refusent et se jettent sur les premières lignes françaises. C’est une hécatombe. Fin du siège de Bergerac.

La reconquête de la Normandie

Bertrand du Guesclin avec son armée reprend la route vers le nord. Il est accompagné de Bureau de la Rivière, grand Chambellan du roi. Charles V lui demande de reprendre toutes les terres occupées par les Navarrais en Normandie. Aidé de ses Bretons, il reprend Évreux, Pacy-sur-Eure, Bernay et Beaumont le Roger. Il arrive devant Pont-Audemer. Il assiège la ville. Les canons parlent. Les murailles sont réduites en un tas de poussière. Les assiégés résistent fortement. Il parle aux habitants.

Je vous propose de ne pas attendre la dernière extrémité. Je suis disposé à traiter humainement. Mais si vous me forcez, il n’y aura pas de quartier. 

Ils l’écoutent et se rendent. Les soldats de la garnison sont emmenés à Cherbourg et le château de Pont-Audemer est rasé. Sur sa route, il arrive à Mortain (sud Manche). Effrayés par le seul nom de du Guesclin, les habitants lui ouvrent leurs portes.

Redouté par ses ennemis et redoutable dans les batailles, Bertrand du Guesclin s’est fait un nom et une renommée au XIV° siècle. Nous ne devons jamais l’oublier, car il a libéré la France de l’occupant anglais. Il a été le bras armé du roi de France qui en était la tête.

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