LA BATAILLE DE PONTVALLAIN LE 4 DÉCEMBRE 1370

Bien que la bataille de Pontvallain ne soit pas restée dans les mémoires pour son spectaculaire, elle eut des conséquences majeures. Environ 5000 à 6000 combattants se sont engagés dans cette lutte. Cette victoire, que les Anglais sous-estimèrent, permit aux Français non seulement de les chasser du Maine, de l’Anjou et du Poitou, mais aussi de mettre un terme à leur domination sur la France.
Les Anglais, fraîchement débarqués de Calais, encerclent Paris. Cependant, le monarque reste impassible grâce aux recommandations d’Olivier de Clisson. Trois jours plus tard, ils abandonnent leur siège et se dirigent vers le Maine.

Désormais, ils sont convaincus que Bertrand du Guesclin est nommé connétable de France. Ils désirent affronter ses troupes. Un émissaire est donc dépêché pour négocier avec lui à son quartier général, situé dans le château de Viré, en Champagne.
— Sire, je suis venu au nom de Thomas de Grandson
, en l’absence de mon seigneur, Hugues Calveley. Thomas Grandson, David Hollegrave, ainsi que Geoffroy Horselay, actuellement à Pontvallain, savent que vous êtes maintenant connétable et que vous en êtes très digne. Ils requièrent que vous leur accordiez une bataille. Vous en fixerez le jour et l’heure. Si vous refusez, ils viendront à vous et vous serez couvert de honte.
— Hérault ! répond Bertrand sans ambages, recommandez-moi auprès d’eux, et dites-leur bien que dans peu de temps, ils auront de mes nouvelles.
Après avoir été convié à une consommation excessive d’alcool par Bertrand, le messager s’assoupit sur place.
Bertrand du Guesclin organise, aussitôt, ses troupes.
L’avant-garde : Bertrand, entouré de 500 soldats, est accompagné du comte de Saint-Pol et de ses deux fils, d’Olivier du Guesclin, son frère, des frères de Mauny et ceux de Beaumont, ainsi que de Guy XII de Laval.
Le corps de bataille est dirigé par le maréchal d’Audrehem et compte mille huit cents soldats.
L’arrière-garde, composée de sept cents hommes, est dirigée Olivier de Clisson, le maréchal de Blainville, ainsi que le comte de la Perche et les seigneurs de Rohan, de Vienne.
Au crépuscule, Bertrand abandonne son campement de Viré. La pluie, incessante toute la nuit, a rendu cette marche forcée de cinquante kilomètres, dans la boue, épuisante, tant pour les soldats que pour les montures. L’avant-garde et l’arrière-garde se retrouvent séparées. Au lever du soleil, ils parviennent enfin à Pontvallain. La pluie a cessé. Bertrand décide de donner une pause d’une heure à ses troupes.
Les Anglais remarquent des mouvements de troupes. Cependant, ils restent calmes, car ils attendent des renforts et ne voient pas encore les drapeaux français.
Une fois que les soldats ont récupéré, Bertrand organise ses troupes pour l’assaut. Il fait déployer les bannières, souffler dans les trompettes et mène ses hommes droit vers l’ennemi. Nous sommes le 4 décembre 1370.

Les Anglais sont stupéfaits de découvrir que les Français sont déjà en formation pour l’affrontement. En quelques instants, près de 500 à 600 soldats s’équipent de leurs armes et se positionnent en rangs serrés, prêts au combat.
Puis, les deux camps commencent à avancer. Les lances s’entrechoquent avec force. Pendant un certain temps, la ligne de front reste stable. Finalement, Du Guesclin ordonne à ses troupes d’utiliser leurs haches. Les rangs anglais sont percés, mais ils opposent une résistance farouche. Deux cents soldats anglais tombent au combat. Thomas Grandson, percevant l’imminence de la catastrophe, rallie ses soldats avec le reste de son armée, soit environ 2000 hommes. Les Français commencent à fléchir sur les flancs.
C’est alors que le maréchal d’Audrehem apparaît avec son corps de bataille. Sans crainte ni fatigue après leur marche éreintante, les Français se ruent sur les lignes ennemies, prenant de court les Anglais qui n’avaient pas anticipé une telle attaque. Les deux côtés se tiennent désormais sur un pied d’égalité.

Des renforts anglais font leur apparition, mais l’arrière-garde française, menée par Olivier de Clisson, attaque avec vigueur. Grâce à leur détermination et à leur habileté, ils repoussent les Anglais et prennent l’avantage dans la bataille. Les chefs anglais capitulent les uns après les autres, et le conflit s’achève finalement en faveur des Français.
Grandson n’a pas le choix, il doit se rendre à Du Guesclin. Cependant, l’Anglais saisit sa hache et tente de frapper Bertrand, qui parvient à esquiver le coup de justesse. Il lui fait un croche-pied, faisant trébucher Grandson. Bertrand sort sa dague et le menace de l’enfoncer dans sa poitrine. Forcé et contraint, Grandson se rend. Olivier de Clisson, alias « Le Boucher », aperçoit le connétable en difficulté et s’apprête à tuer l’Anglais. Bertrand intervient et l’arrête en disant :
— Olivier, il est inutile d’intervenir. Je l’ai capturé maintenant.
La lutte s’est achevée. Les chefs autant que les troupes se sont rendus aux Français. Les étendards de Grandson gisent sur le sol, tandis que leur campement est mis à sac.
Hugues Calveley et son escorte sont sur le chemin du retour de Bordeaux lorsqu’il apprend que son armée a été vaincue. Comprenant la détermination et le courage de Bertrand du Guesclin, il décide plutôt de chercher refuge dans la forteresse de Vaas, près du Château du Loir.