LA JOURNÉE DES HARENGS LE 12 FÉVRIER 1429

LA JOURNÉE DES HARENGS LE 12 FÉVRIER 1429

 

La localisation : commune française de Rouvray-Saint-Denis, située dans le département d’Eure-et-Loir et la région Centre-Val de Loire.

Le contexte

En l’an 1429, les Anglais dominaient le Nord de la France, au-delà de la Loire. Le duc de Bedford, qui représentait le roi Henri VI en France, avait des difficultés avec les Français du dauphin à Orléans. Il décida alors d’envoyer Salisbury à la tête de 5000 soldats pour assiéger la ville. Après plusieurs mois, les vivres commencèrent à manquer. De Paris, Bedford forma un convoi de trois cents chariots en direction d’Orléans, qu’il plaça sous les ordres de Falstoff. Les Français, informés de ces mouvements, décidèrent de les intercepter.

Les forces en présence

Amies : Le royaume de France avec 3 000 hommes et 1 500 d’Orléans

Ennemies : Le royaume d’Angleterre avec 1 600 hommes d’armes et 1 000 servants

Les pertes

Amies : 500 morts

Ennemies : peu de morts

La bataille

Les Anglais érigent neuf forts autour de la ville, à l’exception d’un à l’Est, près de Paris, défendu par des troupes anglaises. Cependant, l’approvisionnement régulier en munitions et en provisions pour une armée de milliers d’hommes est une tâche herculéenne.

Ce jour-là, le ravitaillement consiste principalement en poisson, notamment du hareng pour respecter le carême. À Paris, le duc de Bedford rassemble une caravane composée de trois cents charrettes, dirigée par John Falstoff, grand maître d’hôtel du duc, et Simon Morhier, prévôt de la ville. Cette expédition est protégée par une armée de 1600 hommes, dont des archers, des cavaliers, ainsi que mille personnes exerçant divers métiers, comme des charretiers, des marchands, des pages et d’autres individus de condition modeste. Grâce à cette puissante escorte, la caravane, une fois quitté Paris, ne rencontre aucun obstacle sur la route sécurisée par les soldats. Cependant, Charles VII dispose d’un réseau d’espions étendu.

On informe les Français qu’un convoi de provisions destiné aux forces anglaises encerclant Orléans devrait emprunter la route d’Étampes. Le roi de Bourges lève une armée de trois mille hommes qu’il place sous le commandement de Charles de Bourbon, comte de Clermont, assisté des deux maréchaux, Gilles de Rais et Jean de Brosse ; Jean Stuart de Darnley, connétable d’Écosse et comte d’Évreux; des seigneurs de Chauvigny et d’Albret ; et des capitaines La Hire et Poton de Xaintrailles. De son côté, Jean de Dunois quitte Orléans à la tête d’une centaine de soldats pour rejoindre le comte. Ils se rencontrent à Rouvray-Saint-Denis, à mi-chemin entre Paris et Orléans. Les Français ont été repérés.

Les Anglais forment un grand cercle avec leurs chariots, comme dans les films de western des années 60. Ils laissent deux issues pour en sortir. Leurs archers, munis de leurs arcs longs, sont en position, prêts à décocher des flèches.

Les Écossais n’attendent pas les renforts du comte et attaquent. Ils subissent de lourdes pertes face aux tirs des archers anglais. C’est un véritable massacre. Le connétable écossais et son frère William, ainsi que 500 de leurs soldats, périssent au combat. Les cavaliers anglais émergent de leur enclos, renversant l’armée française, bien qu’elle offre une résistance modeste grâce aux efforts de La Hire et Poton de Xaintrailles. Devant la déroute, les Français prennent la fuite. Jean de Dunois ramène ceux qui restent à Orléans, tandis que le comte de Clermont rejoint le dauphin, ne renforçant pas les rangs d’Orléans. C’était le 12 février 1429.

Les conséquences

Cette confrontation fut connue sous le nom de « Bataille des harengs ». Le lendemain, les Anglais ramassèrent les armes, les brigantines, les armures et les heaumes de leurs adversaires morts sur le champ de bataille, reformèrent leur convoi et prirent la direction d’Orléans. On raconte qu’il n’y a eu qu’un seul mort du côté anglais : le neveu du prévôt de Paris. Les Gallois d’Aulnay, le seigneur d’Orville, le redoutable Raoulin et Louis de Lexu, des Savoyards, furent tous élevés au rang de chevaliers.

La défaite subie par l’armée de Charles VII a été compensée par une série de victoires décisives survenue la même année, notamment le soulèvement du siège d’Orléans par Jeanne d’Arc, ainsi que les batailles de Patay, de Jargeau, de Meung-sur-Loire et d’autres encore. Ces affrontements ont constamment repoussé les Anglais hors de nos terres, culminant avec la célèbre bataille de Castillon en 1453, qui a mis un terme définitif à la guerre de Cent Ans.

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