Grèves et émeutes

Grèves et émeutes

Les grèves, les défilés et les émeutes n’appartiennent pas qu’au XX° ou XXI° siècle (A propos).

Elles ne sont pas dirigées que contre le patronat mais depuis plusieurs décennies contre les réformes proposées par l’État français.

Quelques exemples :

1907 : révolte des vignerons du Languedoc en 1907, état quasi-insurrectionnel dans le sud de la France.

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Mai-juin 1936 : grève générale spontanée à la suite de la victoire électorale du Front populaire : occupation des usines. Instauration des congés payés, hausses de salaires de 20 % en moyenne (plus tard compensées par la hausse des prix).

Mai 1968 : grève générale sauvage. Des manifestations étudiantes sont suivies d’occupation de locaux universitaires puis de nombreux salariés de différents secteurs économiques se mettent en grève. Le pays est paralysé par l’arrêt de la distribution des carburants. Le 13 mai 68, des défilés rassemblent 200 000 à un million de personnes à Paris, selon les différentes sources, et un million dans une trentaine d’autres villes du pays, entraînant le lendemain des débrayages dans les usines. Le 22 mai 1968, la France compte 8 millions de grévistes et le 25 mai, au lendemain de l’Ascension, on frôle les 9 millions de grévistes, le record de précédente grande grève de 1936 (6 millions) étant battu. Les accords de Grenelle, signés à 7 heures du matin, sont rejetés par les assemblées générales. Le 30 mai, une manifestation en soutien au Président de la République, qui vient de dissoudre l’Assemblée, rassemble huit cent mille personnes. Les accords de Grenelle conduisent, entre autres, à une hausses de 35 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % des salaires en moyenne.

Mars 1974 : grève lycéenne contre le projet de loi Fontanet.

Mai 1980 : grève étudiante contre le décret Imbert.

Mai 1983 : grève contre la réforme Savary.

1990 : Manifestation lycéenne contre la réforme de Lionel Jospin

Novembre-décembre 1995 : mouvement étudiant en novembre, puis grève, principalement dans la fonction publique, contre la réforme de la Sécurité sociale, dite « plan Juppé ».

Le 12 décembre 1997 marque le point culminant des Grèves de 1995 en France contre le Plan Juppé de 1995, avec deux millions de manifestants.

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Mars-juin 2003 : grève de la fonction publique contre la réforme du régime des retraites, dite « plan Fillon ». Le 13 mai 2003, près de 180 rassemblements avaient réuni 1,13 million de personnes contre la réforme Fillon des retraites.

Janvier-avril 2005 : mouvement lycéen contre la loi Fillon.

Hiver 2018-2019 : mouvement des Gilets jaunes qui vise à un blocage national du pays contre la hausse du carburant et la politique du gouvernement en général, 287 710 personnes manifestent dans toute la France le 17 novembre (chiffres du ministère de l’Intérieur). Une dizaines de morts hors manifestation côté des manifestants.

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En fait, rien de nouveau depuis les émeutes au Moyen Age. La différence réside dans l’agressivité, la sauvagerie et surtout dans le sang qui coule.

1358, Étienne Marcel contre la réforme de la monnaies est adoubé par les parisiens. Il faillit renverser la royauté sous Charles V. Les conseillers de Jean II, rendus responsables de cette dévaluation, sont assassinés dans la chambre du régent.

1358, La Grande Jacquerie contre la noblesse déconsidérée. Les paysans se révoltent. Il mettent en cause l’énorme rançon de Jean II, les méventes des produits agricoles et les exigences des nobles qui cherchent à compenser l’effondrement de leurs revenus. Il s’ensuit un bain de sang de l’armée des nobles conduite par Charles de Navarre.

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1413, Simon Caboche reprend les revendications de l’ordonnance de 1357 et instaure une monarchie contrôlée. Tout est piloté par Jean sans peur, ennemi de la couronne de France.

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Les motifs des émeutes ou de mouvements populaires sont toujours les mêmes :

Les mises en place de réformes non maîtrisées et toujours décidées d’en haut sans prendre en considération les revendications d’en bas.

Au Moyen Age, ces mouvements étaient organisés par des représentants désignés par des corporations contestataires comme Étienne Marcel pour les marchands parisiens, Guillaume Carle pour les paysans des régions Est de Paris et Simon Caboche pour le bouchers parisiens.

De nos jours, le problème est le même.

Marcelin Albert pour les vignerons du Languedoc en 1907,

Serge July et Daniel Cohn-Bendit contre la pauvreté, la condition ouvrière et le milieu étudiant à Paris en 1968.

Eric Drouet, à l’initiative du mouvement « des Gilets Jaunes » du 17 novembre et Priscilla Ludosky, auteure de la pétition contre la hausse des taxes sur les carburants. Le 21 décembre 2018, on comptait 10 morts dans les rangs non liés aux affrontements.

Peut-être, avons-nous encore rien vu ? Seul l’avenir nous le dira.

« La liberté coûte très cher et il faut,

ou se résigner à vivre sans elle

ou se décider à la payer son prix »

José Marti ( homme politique et écrivain cubain 1853-1895)

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