LE SIÈGE DE SOUBISE 22 AU 23 AOUT 1372

LE SIÈGE DE SOUBISE 22 AU 23 AOUT 1372

Charles V, roi de France est en pleine «  Reconquista » des terres françaises du désastreux traité de Brétigny de 1360. Le Maine, l’Anjou, le Limousin sont de retour dans le giron français. Dans le Poitou, il ne reste que quelques places fortes anglaises comme La Rochelle, Saint-Jean-d’Angely, Soubise et quelques autres. Le Poitou tombera à son tour. Les deux armées, celle du duc de Berry au départ du Limousin et celle du duc d’Anjou avec Bertrand du Guesclin au départ du Poitou, se rapprochent dangereusement de Bordeaux place forte anglaise des ducs de Guyenne.

Siège de Soubise

Les castillans sous les ordres de l’amiral Ruy Diaz de Rojas aidés du Gallois Yvain de galles assiège La Rochelle.

Pendant ce temps Bertrand Du Guesclin est à Poitiers. Il envoie le Sire de Pons et Thibaut de Pont avec trois cents lances mettre le siège devant Soubise. La ville est protégée par un château donnant sur la mer à l’embouchure de la Charente. La dame de Soubise commande la garnison.

Les français assiègent la ville. La garnison ne tiendra pas longtemps car l’effectif en gens d’armes est faible. Elle envoie un écuyer demander de l’aide à Jean de Grailly, le Captal de Buch, connétable d’Aquitaine pour l’Angleterre. Il est à Saint-Jean-d’Angely.

Accompagné des sénéchaux de Saintonge Guillaume Faringdon, cousin du roi d’Angleterre, de Bordeaux, le Sire de Mareul, et du Poitou, Thomas de Percy, le Captal rassemble deux cents lances et part immédiatement secourir le Dame de Soubise. Il chevauche toute la nuit et arrive au petit matin derrière les lignes françaises. Surpris, ils se battent durement mais sont obligés de déposer les armes. Parmi eux, beaucoup sont tués ou blessés. Un soixantaine de soldats sont faits prisonniers ainsi que leurs chefs, le Sire de Pons et Thibaut de Pont. La ville est reprise. Les anglais sont rassurés. Le Captal de Buch décide de rentrer à Saint-Jean- d’Angely où Bertrand du Guesclin devient pressant. Il ne repartira que demain matin.

Pendant ce temps, Yvain de Galles, prince de Galles, veut en découdre avec les anglais qui ont tué son père et confisqué ses terres. Il quitte la flotte du blocus de La Rochelle avec quatre cents hommes les plus sûrs de sa troupe. Il longe la côte jusqu’à l’embouchure de la Charente. Il attend la nuit pour s’approcher du château de Soubise. Les anglais sont tous au repos et ne craignent plus personne à cette heure. Yvain et ses hommes approchent du camp anglais dans l’obscurité.

Il lance l’attaque. Les anglais sont surpris car il ne s’attendaient à des renforts français venus par la mer. Le captal de Buch confiant de son armée en voyant Yvain de Galles dit à son entourage « :

Allons contre Yvain de galles ! Ce ne sont point des gens de guerre. Ils sont trop gentils. Ils seront déconfits au premier assaut. »

L’attaque éclair déstabilise les premiers rangs anglais à peine équipés. C’est le choc. Les « goddons » et les gascons s’élancent contre les assiégeants au cri de « Saint Georges !» les génois et les arbalétriers français tirent une pluie de traits et de flèches sur leurs ennemis. Les premiers rangs tombent, ils sont déconfits. Pourtant, un anglais s’approche d’Yvain de Galles et lui vocifère :

– Où es-tu allé Yvain de Galles, faux roi ? Aujourd’hui, je venge le roi d’Angleterre qui est roi de France

Je voudrais bien voir cela.

Enragé, il court vers l’anglais et l’occit d’un coup de hache.

Certains tentent de s’enfuirent dans la ville mais sont rattrapés par les gallois et tués sur place. Thomas de Percy est fait prisonnier par messire David Honnel, un prêtre guerrier gallois. Jean de Grailly combat jusqu’au bout mais est assailli de toutes parts par les français aux cris de «  Guesclin, Notre Dame, Guesclin ». Puis il se rend à un écuyer du Vermandois (dans l’Aisne) Pierre d’Auvilliers. D’autres chevaliers anglais sont faits prisonniers comme messire Henry De Haye.

Les plus chanceux dont Gautier de Huet se réfugient dans le château auprès de la Dame de Soubise. Le lendemain matin, Yvain de Galles amène ses barges et ses hommes sous les remparts du château et mène le siège. Les assiégés se défendent durement. La Dame sait que l’issue sera fatale et décide de négocier avec le Gallois. Elle envoie les chevaliers anglais parlementer avec les assiégeants. Ces derniers acceptent les conditions de la reddition. Les anglais se retirent à Niort et le Dame de Soubise se place sous l’autorité du roi de France. Yvain et les français dont leurs chefs ont été libérés prennent possession de la ville. Le Sire de Pons place un fort contingent d’hommes en armes. Yvain rembarque dans ses barges en emmenant avec lui son prisonnier de marque le Captal de Buch. Il avait, déjà une première fois, été fait prisonnier par Bertrand Du Guesclin à Cocherel en 1364.

Cet illustre chef de guerre gascon à la solde des anglais est emmené à Paris et emprisonné dans les geôles de la forteresse du Grand Châtelet. Charles V donne une bonne récompense au chevalier Pierre d’Auvilliers pour sa capture. Le roi propose au Captal de Buch d’entrer au service du royaume de France qu’il refuse. Il jure fidélité au roi d’Angleterre. Édouard III met en œuvre tous les moyens pour payer la forte rançon que le roi de France repoussera. Le Captal de Buch mourra dans les prisons françaises en 1376.

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