YVAIN DE GALLES

YVAIN DE GALLES

En 1284, les habitants du pays de Galles, qui pendant tant de siècles avaient lutté, avec une invincible constance, d’abord contre les Saxons ensuite contre les Normands, pour sauver leur indépendance, furent obligés de céder à la force et de se soumettre à Édouard I°, roi d’Angleterre.

Lewellyn, fils de Griflith, leur chef national, était mort. Les anglais avaient gravi leurs montagnes les plus inaccessibles et avaient envahi des positions qui rendaient la résistance impossible. Tous les Gallois pourtant ne se résignèrent pas à vivre sous la domination des Anglo-normands. Beaucoup de gallois passèrent en France. Ils y furent bien accueillis et l’émigration continua durant tout le quatorzième siècle.

Né en 1330, sous le règne de Philippe VI de Valois, le plus illustre des gallois fut un jeune homme appelé Owen que le roi retint près de lui. Il l’éleva parmi les pages de sa chambre. Cet Owen était de la famille de Lewellyn. Selon toutes vraisemblances, il était son petit-neveu, peut-être son petit-fils. Les Français, qui le regardaient comme l’héritier légitime de la principauté de Galles, lui donnèrent le nom d’Evain ou Yvain de Galles.

Il se battit bravement pour la France sous Charles V qui lui donna le commandement d’une compagnie d’hommes d’armes gallois. Son compagnon n’était autre que Bertrand du Guesclin. Yvain ne pensait qu’à retourner dans son pays afin de reprendre son trône. Ce fut, sans doute, ce qui le perdit. Les Anglais, pour se débarrasser de cet ennemi qu’ils croyaient dangereux, organisèrent son assassinat en 1378, au moment où il assiégeait Mortagne sur Gironde pour le roi de France.

1356-1357, Yvain de Galles en Espagne

Appelé par le régent Charles, il fut armé chevalier et envoyé en Espagne, aux côtés d’Henri Trastamare, pour combattre les castillans de Pierre le Cruel. Lors d’une bataille, Jean de Hastings, 2° comte de Pembrock et des chevaliers normands à la solde des anglais furent faits prisonniers. Yvain de Galles interpella le comte son ennemi de toujours et lui dit :

« – Comte, venez-vous en ce pays pour me faire hommage des terres que vous tenez dans ma principauté de Galles dont je suis l’héritier et que votre roi m’a enlevée de tous mes droits ?

Le comte de Pembrocke :

– Mais qui êtes-vous ? Vous qui m’accueillez par de telles paroles.

– Je suis Owen, fils du prince de galles, que votre roi a fait mourir en me déshéritant.

Un chevalier du comte, Thomas saint-Aubin, s’interpose :

– Yvain ! si vous voulez que Monseigneur vous doive hommage, alors jetez votre gage que je relèverai.

– Pourquoi un gage ? Vous êtes prisonniers.

Le comte se rappellera de ce moment qui sera, sûrement, la perte d’Yvain plus tard.

1369 Expédition au Pays de Galles

Yvain fomenta un soulèvement au Pays de Galles dont il prit le commandement. L’armée d’invasion partit d’Harfleur. La saison était tardive, en décembre, pour envahir l’Angleterre. Au bout de 10 jours de mer, la flotte fut obligée de rentrer. Cette expédition coûta 100 000 francs au roi de France, en pure perte. De l’argent gaspillé. La récupération de son trône avorta.

1372, le siège de Guernesey

Charles V fit équiper une puissant escadre de 600 hommes dont le commandement revint à Yvain de Galles. Il débarqua à Guernesey avec Bertrand du Guesclin, connétable de France. Les renforts anglais, venus de St Sauveur le Vicomte, place forte dans la Manche, opposèrent une résistance acharnée au débarquement des français. Yvain en vint à bout et les anglais eurent 800 morts. Les survivants et les îliens se réfugièrent dans le château.

1372, le siège de la Rochelle

Édouard III désigna le comte de Pembroke et Guichard d’Angle pour aller aider les soldats du Poitou en guerre contre Bertrand Du Guesclin. Yvain de Galles, commandant de l’escadre française, et l’amiral Rodrigo de Roux, commandant l’escadre Castillane du roi Henry, bloquèrent le port de La Rochelle. Ils attendaient les anglais qui devaient y débarquer. Il s’ensuivit un combat naval féroce. Les anglais furent battus. Les chefs anglais furent faits prisonniers.

1378, le siège de Mortagne-sur-Gironde et son assassinat

Bertrand Du Guesclin et le duc d’Anjou prévoyaient de continuer la reconquête du sud. Le prince apprit que sa femme était sur le point d’accoucher. Accompagné de Bertrand du Guesclin, ils partirent à Toulouse, fief du duc. Ils demandèrent à Yvain de Galles de se diriger vers Mortagne-sur-Gironde, un des dernières places fortes anglaises, dans l’estuaire de la gironde, en Guyenne, de l’assiéger et de l’occuper. La place allait tomber quand un évènement fit tout basculer. Jacques Laube, un scélérat gallois, sans histoire, avait intégré l’armée d’Yvain. Un soir que les combats cessèrent, pour reprendre le lendemain matin, il s’approcha d’Yvain et lui planta un couteau dans le cœur. Yvain mourut sur le coup. En fait cet homme était un espion à la solde des anglais. Il avait reçu comme mission de tuer Yvain de Galles. Les anglais étaient persuadés que l’héritier du comté de Galles était un homme dangereux pour l’Angleterre.

Jacques Laube courut jusqu’à la garnison et dit au capitaine :

– Seigneur, je vous ai libéré d’un de vos plus grands ennemis. J’ai tué Yvain de Galles.

Indigné, il lui répondit :

– Scélérat ! tu mérites que je te tranche la tête, meurtrier. Mais, cette affaire m’arrange bien.

Yvain de Galles fut un des plus grands guerriers français de son époque. Il fut tué car il dérangeait.

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