ADOLESCENCE DE BERTRAND DU GUESCLIN

ADOLESCENCE DE BERTRAND DU GUESCLIN

Bonjour à toutes et à tous,

Au préalable, je voulais vous dire que j’ai beaucoup publié dans Facebook sur la période de la guerre de cent ans depuis plusieurs mois. Mais, je ne dois pas oublié que le personnage principal de mon blog est Bertrand Du Guesclin. Si vous souhaitez me suivre cela vous prendra un peu de temps car je ne peux pas développer une vie de cet homme en une publication.

Avant d’ouvrir mon blog, j’ai beaucoup lu et relu son histoire soit par les chroniques de Froissart

et de Cuvelier ou par les historiens d’aujourd’hui. J’ai été surpris par son charisme et son abnégation.

Afin d’améliorer mon introduction, j’ai eu l’opportunité, récemment, de visiter un musée de l’École 1900 dans le Puy de Dôme. J’ai feuilleté les livres d’histoire de la fin du 19° et début du 20°. Effectivement, on y parle de Bertrand Du Guesclin avec Charles V sur une ligne. Après cette période pas grand-chose voire plus rien sur eux. Cet homme et ses exploits ont été vite oubliés et supprimés des livres d’école. Pourtant, des victoires françaises ont fleuri par sa volonté, sa pugnacité, son courage et son sens de l’honneur. Il était vaillant et plein de bravoure car il allait combattre ses ennemis en première ligne au milieu de la mêlée.

Ce héros, car pour moi c’est un héros, a été le sauveur de la France contre l’oppresseur anglais. Il est le Clemenceau de 1918, le Général de Gaulle de 1945 et sera le Du Guesclin de 1380. Pas d’amalgame, gardons l’image du sauveur du royaume de France, et ne cherchons pas, pour le moment, par de quelle façon il y est arrivé.

Et puis, il y a un roi qui lui a permis d’être ce qu’il a été : Charles V.

Il ne faut pas l’oublier. Sans lui, il n’aurait pas eu la notoriété et surtout la fonction de haut dignitaire : connétable de France, équivalent à notre époque Chef d’État Major des Armées. Ce n’est pas rien !

« Les morts ne sont vraiment morts que lorsque les vivants les ont oubliés » Proverbe malgache. Ce n’est pas mon cas car je veux faire revivre Du Guesclin afin qu’il ne soit plus oublié.

Mon ambition serait d’en faire un film voire une trilogie car on ne peut pas parler de lui sans parler de la guerre de Cent Ans. Et puis, son nom doit être réinscrit dans les livres d’histoire à l’école.

J’en ai terminé avec mon introduction et je me projette en 1320.

Bertrand Du Guesclin est né vers les années 1320 en Bretagne à Broons, entre Rennes et St Brieuc. Le berceau familial se situe entre St Malo et Cancale. D’ailleurs, vous avez l’île Du Guesclin au large de l’anse Du Guesclin, commune de Saint Coulomb ( Côtes-d’Armor).

Son père issu de la petite noblesse désargentée épouse l’héritière de la seigneurie de Broons, Jeanne de Malemains. C’est dans une branche pauvre que commence la vie de Bertrand Du Guesclin. Il est l’aîné d’une fratrie de 4 frères et 6 sœurs.

Dés sa naissance, il est rejeté par ses parents qui le souhaitaient « mort ou noyé » d’après Froissart. En effet, il est laid. Il a le visage disgracieux, le front grand, les sourcils épais, les joues bouffies, les cheveux noirs et rudes, le col court, la taille médiocre et ramassée. Il est poilu sur tout le corps et a des jambes grosses selon le chroniqueur. C’est un enfant rejeté de sa famille.

Cette laideur le poursuivra toute sa vie et déclenchera un ressentiment envers les femmes, nous verrons plus tard comment il en parle. Il ne se complaira que dans les rixes, adolescent et dans les combats, adulte. Nous verrons qu’il se battra avec rage et sauvagerie, dans le sang et la sueur jusqu’à son dernier souffle.

Pour l’heure, il ne mange pas à la même table que ses frères et sœurs car il est mal aimé. Avec les années, il deviendra colérique et incontrôlable. Dans ses moments de colère, il renversera même la table du repas qui, à cette époque, était fabriquée avec des essences robustes comme le chêne.

Il ne rate aucune occasion pour s’échapper du château pour aller se battre avec d’autres adolescents. Le soir il rentre en guenille. Les parents de ses compagnons de lutte, qui d’ailleurs rentrent dans le même état que lui, se plaignent de lui auprès de son père. A chaque retour de rixe, il est enfermé au château pendant plusieurs jours. Il s’en échappe et recommence. Mais, toujours, il rembourse les dégâts.

Dans tout ce négatif, il a des côtés protecteurs et respectueux. En effet, il protège toujours les plus faibles et a un grand respect pour ses compagnons qui sont aussi bien des petits nobles que des paysans. Ce trait de caractère lui sera très favorable pour son ascension future. Il deviendra un homme respecté par ses subordonnés quand il faudra partir au combat.

D’après une légende bretonne, rapporte Froissart, une guérisseuse lui aurait prédit un brillant avenir. Il deviendrait un aigle et un héros pour son pays. Il vaincrait même un roi.

Du Guesclin atteint ses 17 ans. C’est un adolescent dur et désobéissant. Il est mal dans sa peau. Il est devenu très fort et musclé. Ses parents ne savent plus que faire pour qu’il rentre dans les rangs de la noblesse bretonne.

C’est à cette période qu’il s’enfuit du manoir familial. Il y était enfermé depuis 4 mois par son père. Il part rejoindre son oncle, prénommé aussi Bertrand. Il est Seigneur de Vauzuré et a épousé une riche héritière Thomasse le Blanc, dame de la Roberie. Tous deux sont des bourgeois de Rennes et fréquentent quotidiennement les offices religieux. Que vient faire Bertrand Du Guesclin dans ce milieu bourgeois et croyant-pratiquant, lui si bagarreur ?

A la moindre occasion, il s’échappe de chez son oncle. Il court se battre contre des adversaires dont il terrassera le champion local. Son oncle ne l’entend pas de cette oreille et le sermonne à son retour. Il lui fait comprendre qu’il est issu de la noblesse et doit se comporter comme tel. Il ne doit se battre que dans des joutes et des tournois suivant les règles d’honneur. Bertrand l’écoute et semble accepter la leçon.

Son oncle le réconcilie avec ses parents. Bertrand demande à son père de lui fournir assez d’argent pour s’acheter une armure, des armes et un cheval dignes d’un noble. Cela coûte trop cher. Son père refuse.

Un événement important, en cette année 1337, fera de Bertrand un homme reconnu par la noblesse de sa région. En effet, Charles de Blois, l’un des deux protagonistes de la guerre de succession en Bretagne épouse Jeanne de Penthièvre, prétendante au trône des ducs de Bretagne. Pour cette occasion, il organise un tournoi à Rennes.

Est présente à cette journée la fine fleur de la noblesse bretonne mais aussi étrangère. Il arrive avec un piètre attirail et un vieux cheval de trait. Tous se moquent de lui et sur un ton ironique disent: « Regardez-le, c’est un fils de chevalier, ça, avec son cheval de meunier ? Et d’autres de continuer : Il est taillé comme un bouvier. Il ne peut que conduire un attelage et non venir jouter ou tournoyer. ». Bertrand rumine son humiliation. A 17 ans il souffre de sa laideur et de sa frustration affective et sexuelle. Mais il n’a pas dit son dernier mot et décide se venger.

Il emprunte à son cousin plus riche que lui le cheval, l’armure et les armes. Il se présente au tournoi de façon anonyme, sans écu et visière baissée pour ne pas être reconnu. Il lance un défi à 1, puis 2 , puis 3 et jusqu’à 14 chevaliers qui sont envoyés à terre. Tous, spectateurs compris, sont abasourdis devant cet inconnu. « Mais qui peut se cacher derrière cette visière ? , se demandent-ils »

Alors qu’il doit affronter son père, il se désiste et est traité de couard par un chevalier connu pour ses victoires dans les tournois. Bertrand le provoque en duel. Il le bat et montre enfin son visage. Il devient un héros devant Charles de Blois. Traité de vaurien par son père, il s’affirme dans les règles de la chevalerie. Il est enfin admis parmi les siens et est respecté des autres.

Le déclenchement de la guerre de succession des ducs de Bretagne en 1341 lui donnera une autre dimension……..

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