1362, LE SIÈGE DE LIVAROT ET DE CORMEILLES EN AUGE

1362, LE SIÈGE DE LIVAROT ET DE CORMEILLES EN AUGE

Ce n’est pas un siège exceptionnel comme La Rochelle, Brest ou la bataille de Crécy, Poitiers ou Pontvallain, mais il faut en parler pour mesurer l’importance du rôle de Bertrand du Guesclin comme capitaine de Pontorson et lieutenant général de la Normandie pour le royaume de France. Il a été nommé par le roi pour mettre de l’ordre dans la région.

Je vous parlerai du siège de Livarot dans le Calvados et de l’abbaye de Cormeilles-en-Auge dans l’Eure

Le 14 avril 1362, l’armée envoyée par Jean II, le bon, pour arrêter les Tard-venus est défaite à Brignais dans le Lyonnais. 16 000 mercenaires contre 12 000 gens d’armes du comte Jacques de Bourbon, son cousin.

Maintenant, le roi n’a plus d’armée à leur opposer. Ces malandrins, écorcheurs, routiers, Brabançons, Navarrais et Cottereaux s’éparpillent sur tout le territoire du royaume de France. Deux grands chefs de guerre réussissent à ralentir cette vague envahissante en Normandie et même à la repousser, Moreau de Fienne, connétable de France et Bertrand du Guesclin, capitaine de la garnison de Pontorson.

Charles, le régent, a des démêlés avec Charles II, roi de Navarre et comte d’Évreux.

En effet, il s’est allié aux Anglais. Il possède l’Est de la Normandie (Eure) et la Manche. Le roi de France laisse Bertrand du Guesclin, seul, pour reconquérir des places fortes. C’est ainsi que les Anglo-Navarrais occupent le château de Livarot ( 14 ) situé dans la vallée d’Auge dépendant de l’abbaye fortifiée de Cormeilles ( 27 ). Depuis plusieurs mois Robert de Neubourg, seigneur de Livarot essaie de récupérer son château de Livarot et sa forteresse de Cormeilles, en vain. Il fait appel à Bertrand du Guesclin qui y mène le siège sans grand succès.

Pressé de rejoindre l’armée de Charles de Blois en Bretagne, Bertrand du Guesclin veut en finir avec le siège de Livarot et de Cormeilles. Il adresse à James de Pipe, capitaine-routier navarrais des deux garnisons, un message des plus menaçants s’il ne se rend pas. Il connaît bien du Guesclin. Il ne veut pas mettre à rude épreuve sa colère et son impatience dans une résistance trop longue. Il est disposé à traiter. Il s’engage, donc, à évacuer les lieux moyennant le paiement d’une forte somme d’argent ( Montant inconnu par les historiens ). Le 14 juillet 1362, Claudin d’Hellenvilliers, maréchal de Normandie, est envoyé par le régent de France pour négocier avec le mercenaire navarrais. La transaction est effectuée pour une partie par le régent et l’autre par Philippe de Navarre, frère du roi de Navarre, à la fin de l’année 1362.

Les forteresses sont évacuées sous le contrôle de Bertrand du Guesclin. Un certain nombre d’otages lui sont donnés comme le Navarrais, Sauvage de Pommereul. Tous sont emmenés à Pontorson.

Au moment de quitter la région, il apprend que Jean Jouel, capitaine anglais de Livarot, dévaste et pille la campagne entre Pont-l’évêque et Lisieux. Bertrand du Guesclin le poursuit et le surprend au passage de la Touques au lieu-dit Pas du Breuil, non loin de Pont-l’évêque. Il le bat. Jean Jouel rebrousse chemin. Fin du siège de Livarot et Cormeilles en Auge.

Le château de Livarot fut fondé au 11e siècle. Après le passage de du Guesclin, il fut démoli par les Anglais. Il ne reste qu’à ce jour, les murs primitifs.

L’abbaye fortifiée de Cormeilles tombe en ruine au XVe siècle. Après une série de travaux de reconstruction partielle, elle est abandonnée. En partie détruite en 1778, seuls subsistent, à ce jour, le manoir, les murs d’enceinte et le colombier.

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