JEAN V PALEOLOGUE

JEAN V PALEOLOGUE

Jean V Paléologue né le à Didymotique, mort à Constantinople le , empereur byzantin de juin 1341 à août 1376, puis de juillet 1379 à avril 1390 et enfin de septembre 1390 à février 1391, fils d’Andronic III Paléologue et d’Anne de Savoie.

Homme d’État médiocre et prétentieux, il n’est pas en mesure de relever l’empire byzantin. En 1364, il est en guerre avec le tsar Ivan Alexandre de Bulgarie et s’empare de la ville d’Anchialos. L’année suivante, il remonte le Danube pour rencontrer le roi Louis Ier de Hongrie, premier empereur byzantin régnant à se rendre dans une cour étrangère ; cette visite n’aboutit à rien ; l’empereur se retrouve bloqué de façon très humiliante à Vidin, le tsar bulgare refusant de le laisser passer au retour. Son fils aîné Andronic qui assurait l’intérim à Constantinople, et de surcroît époux de la fille du tsar bulgare se garda bien d’intervenir.

Heureusement pour l’empereur, son cousin du côté maternel Amédée VI de Savoie arrive à la rescousse avec une petite flotte pendant l’été 1366, reconquiert Gallipoli sur les Turcs, s’empare aussi du port bulgare de Mésembrie, assiège Varna et oblige le tsar Ivan Alexandre à libérer l’empereur. Pour rembourser les frais du comte de Savoie, Jean V emprunte presque 42 500 hyperpera, qu’Amédée VI s’engage à lui restituer s’il se rend à Rome et fait sa soumission au pape. L’empereur byzantin a récupéré deux ports importants (Gallipoli et Mésembrie), mais le passage des Turcs en Europe n’est pas interrompu, et à une date incertaine entre 1361 et 1369, le sultan Murad Ier s’empare d’Andrinople (3e ville de l’Empire) et en fait sa capitale.

En 1369, Jean V se rend à Rome (1er voyage d’un empereur byzantin en Italie depuis celui de Constant II en 663), confiant Constantinople à son fils aîné Andronic et Thessalonique à son deuxième fils Manuel. En octobre, il fait sa soumission personnelle au pape Urbain V, et recueille en conséquence l’argent promis par Amédée VI. Au printemps 1370, il se rend de Rome à Venise ; il y négocie l’annulation de ses dettes et le versement de 50 000 hyperpera contre la cession à la République de Venise de l’île de Ténédos. Mais à Constantinople, Andronic refuse de céder Ténédos aux Vénitiens, et Jean V est retenu prisonnier à Venise jusqu’à ce que son deuxième fils Manuel le rachète l’année suivante. L’empereur rentre à Constantinople en octobre 1371 sans avoir rien obtenu en Occident. Pratiquement au même moment, en septembre 1371, les Turcs écrasent les Serbes à la bataille de la Maritsa et étendent considérablement leur domination dans les Balkans.

La décennie 1380-1389 voit le sultan Murad Ier s’emparer de la plus grande partie des Balkans (chute de Thessalonique en 1387) sans que Jean V tente quoi que ce soit pour résister. Au printemps 1390, Jean VII, fils d’Andronic IV, s’étant entendu avec Bayezid Ier et les Génois, s’empare de Constantinople, tandis que son grand-père se barricade dans une forteresse près de la Porte d’Or. Mais en septembre, Manuel, ayant rassemblé des troupes, parvient à le chasser et à restaurer Jean V. Jean VII trouve refuge auprès du sultan ; celui-ci le renvoie dans son apanage de Sélymbrie, convoque Manuel pour qu’il participe à la prise de Philadelphie aux termes de l’accord de 1379 (la ville avait refusé de se rendre aux Turcs), et ordonne à Jean V, en menaçant sinon de faire aveugler Manuel, de démolir la citadelle près de la Porte d’Or (l’empereur s’exécute).

Jean V meurt en février 1391 de complications de sa goutte, au terme d’un long règne catastrophique pour l’Empire byzantin, où l’empereur romain d’Orient perdit notamment une grande partie du prestige qu’il conservait auprès des peuples étrangers, devenant un petit roitelet quelconque, vassal du sultan ottoman. En 1391, personne ne pouvait croire que l’Empire durerait encore plus de quelques années.

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