Le siège d’Orléans, la lumière céleste
Jeanne d’Arc et la découverte de son destin

La lumière céleste
Près des sources de la rivière Meuse, à la limite de la Champagne, dans une vallée paisible épargnée par les conflits, se dressait le hameau de Domrémy. Là est née une fillette : Jeanne d’Arc.
Élevée par un agriculteur, elle a connu la pauvreté, le travail acharné et la dévotion religieuse. Ses mains étaient habituées à la terre, ses genoux au sol froid des églises. On lui enseigna à révérer Dieu, à respecter ses parents et à chérir son pays. Malgré cela, même dans ces régions éloignées, les effets de la guerre se faisaient sentir.
Les Anglais et les Bourguignons étaient aussi menaçants que des loups, prêts à attaquer à tout moment. Jeanne, âgée de treize ans, protégeait les animaux, préservant ce que la guerre n’avait pas encore détruit, car la discorde avait infecté même les campagnes les plus paisibles. Même les enfants avaient perdu leur innocence et leur amour.
Un jour d’été, alors que le soleil brûlant éclairait les champs, quelque chose d’inexplicable se produisit. Une voix étrange, venue d’un autre monde, résonna dans son esprit, la remplissant de courage et d’espoir.
— Jeanne, sois une jeune fille vertueuse et obéissante. Fréquente régulièrement l’église.
La crainte s’empara d’elle. Des visions se succédèrent, de plus en plus intenses. Il y avait notamment celle de l’archange Saint-Michel, brillant de lumière, qui lui intima :
— Jeanne, va secourir le roi de France. Tu lui restitueras son royaume.
Elle frissonna. Elle rétorqua :
— Seigneur, je ne suis qu’une humble adolescente. Je ne sais pas monter à cheval ni diriger des soldats.
Cependant, la voix resta ferme et déterminée.
— Va voir Robert de Baudricourt. Il te conduira au dauphin. Sache que Sainte Catherine d’Alexandrie et Sainte Marguerite d’Antioche seront tes gardiennes.
À partir de ce moment, elle ne fut plus jamais seule. Les voix réapparurent, en particulier lorsque les cloches sonnaient. Elles résonnaient, donnant des instructions.
L’enfant éprouva de la crainte. Elle tenta de se défendre et de garder le silence. Mais on ne peut pas repousser ce qui vient du ciel.
Au fil des années, l’anxiété disparut peu à peu. Un soir, épuisée, elle confia ses inquiétudes à son père.
— Père, j’ai reçu pour mission de sauver le roi de France et de l’accompagner à Reims pour son couronnement.
Il ne voyait en elle que de l’égarement.
— Jeanne, comment peux-tu te laisser emporter par de telles illusions ? Serais-tu devenue folle comme tant d’autres en ces temps maléfiques ?
— Non, père, ce que je dis est la vérité.
En ces jours, la vérité était plus crainte que le mensonge. Elle se réfugia dans l’étable, loin des regards indiscrets, et y versa des larmes amères, car personne ne la comprenait. Pourtant, sa voix persistait. Alors, elle prit une décision : « non pas la paix… mais l’obéissance. »
Elle se rendit auprès de son oncle.
— Je te prie d’écouter mon histoire…
Il hésita, puis, voyant sa détermination, il céda.
— Je te conduirai à Vaucouleurs.

Ils avançaient depuis un moment déjà lorsqu’ils arrivèrent enfin devant Robert de Baudricourt, qui s’affairait à renforcer les défenses de la cité, tout comme chaque homme le faisait à une époque de désolation.
Jeanne s’approcha.
— Monseigneur, je dois vous faire part d’une nouvelle importante.
— Qui es-tu ?
— Je m’appelle Jeanne et je viens de Domrémy.
Le capitaine, pressé et exaspéré par les impératifs de la guerre, rétorqua :
— Parle rapidement, je n’ai pas de temps à perdre.
Alors, elle répondit :
— Je suis envoyée par mon Souverain, désireux de confier le trône au prince héritier… et j’assurerai son couronnement à Reims.
Le capitaine se montra perplexe.
— Quel est le nom de ce seigneur ?
Et elle répondit, sans fléchir :
— Le roi des cieux.
Après un instant de stupeur, il la traita avec mépris et la congédia. En effet, à cette époque troublée, les hommes avaient tendance à faire plus confiance à la force qu’aux prodiges.