ROBERT III D’ARTOIS

ROBERT III D’ARTOIS

Robert III restait le seul survivant mâle de la lignée des Artois. Tous ces ancêtres moururent au combat. Il aurait dû finir comme eux, mais un procès lui enlèvera l’héritage de la maison d’Artois.

Explications :

Robert II mourut à la bataille de Courtrai en 1302. Son fils, Philippe d’Artois, décède avant lui. Son fils Robert fut, donc, le seul héritier en ligne directe de la Maison d’Artois. Mais, Robert II eut aussi une fille, Mahaut d’Artois, qui fut mariée à Othon IV, comte de Bourgogne.

 

Celle-ci, sa tante, revendiqua l’Artois au préjudice de Robert. Il en référa à Philippe IV le Bel, roi de France, qui plaida en faveur de Mahaut. À la mort du roi, Robert soutint de nouveau son héritage auprès de Philippe V le long, roi de France, qui d’ailleurs était marié avec Jeanne, fille de Mahaut. Nouveau refus.

1316, ulcéré par la position de la France, Robert III surprend Gautier de Châtillon, connétable de France et s’empare d’Arras et Saint-Omer. Le roi de France accourt auprès de Mahaut, sa belle-mère. Une rencontre entre le roi et Robert permit de solutionner le conflit. Celui-ci rendit les villes prises à sa tante et le roi lui donna le comté de Beaumont-le-Roger (dans le 27) en dédommagement de l’Artois.

1324, marié à une fille du comte de Valois, Charles de France, il le suit en Guyenne et prend part au succès de l’expédition.

1328, à l’avènement de Philippe VI de Valois au trône de France, il marche à ses côtés à la bataille de Cassel en 1328.

À la mort de sa tante, Mahaut, il réclama de nouveau l’Artois. Comme il était beau-frère, le roi de France, il crut la chose faite. Il produisit quatre pièces qui prouvaient que son père Philippe d’Artois avait l’investiture de l’Artois et cinquante-cinq témoins qui déposèrent que son aïeul, Robert II, mariant son fils à Blanche de Bretagne, s’était engagé à faire passer le comté d’Artois à leurs enfants.

Le 9 juin 1329, le parlement français déclara faux les pièces fournies par Robert III. Le roi de France prononce, alors, son bannissement. Plusieurs de ses témoins, des clercs et des notaires, furent torturés et avouèrent avoir fabriqué de faux documents sur ordre de Robert III. Banni, il se réfugia chez son neveu, le comte de Hainaut; menacé d’être envahi, il demande à son oncle de quitter les lieux. Robert décida d’aller sous la protection de son cousin, Jean III de Brabant; mais, celui-ci refusa, afin de s’éviter des ennuis avec la France. Robert III, de plus en plus isolé, quitte la France se met sous la protection du roi d’Angleterre, Édouard III; avide de vengeance, il le pousse à faire la guerre au roi de France.

1340, il participe à la bataille navale de l’Écluse que les Anglais remportent sur les Français. Aidé de Flamands, il assiège Tournai, la même année. Pris par surprise par le duc de Bourgogne et le dauphin d’Auvergne, il bat en retraite et laisse sur le terrain des combats 1800 de ses soldats.

Octobre 1342, ayant pris parti pour Jean de Montfort avec d’Édouard III dans la succession des ducs de Bretagne, il débarque à Vannes avec Jeanne la Flamme, femme de jean de Montfort, prisonnier des Français et 5 000 Anglais. Il assiège et prend la ville tenue par Olivier de Clisson. Les Franco-Bretons contre-attaquent et assiègent à leur tour Vannes. Ils conquirent les barrières du bourg et forcèrent les portes de la cité puis entrèrent par force et hardiesse dans la ville. Les combats furent rudes et il y eut de nombreux morts.

Au cœur de la bataille, Robert III est gravement blessé. Il s’enfuit des combats avec le comte de Stafford vers Hennebont, la forteresse de Jean de Montfort. Conseillé par son médecin de quitter la France pour se soigner, il rejoignit l’Angleterre.

Il mourut quelque temps après son débarquement à Londres des suites de ses blessures. Froissart disait de lui : « Il était courtois chevalier, preux et hardi, et de plus noble sang du monde. »

Sources : Les princes militaires de la maison de France Amédée Renée · 1848

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