CHARLES, dauphin de France et du Viennois, Etats Généraux du 17 octobre 1356

CHARLES, dauphin de France et du Viennois, Etats Généraux du 17 octobre 1356

Charles, le dauphin, sur ordre de son père, quitte le champs de bataille de Poitiers. D’autres versions sur son départ précipité circuleront dont une, la lâcheté.

Pour moi, Charles n’était pas un lâche. Son père, pas plus bon que Charles, roi Navarre, était mauvais, voyait bien que la bataille était perdue et qu’il serait fait prisonnier. Sursaut du roi, il ne voulut pas que le royaume de France ne tomba dans les mains d’Édouard III, roi d’Angleterre et de sang capétien par sa mère. Pour moi, il ordonne à son fils Charles, dauphin et futur roi de France, de quitter le champ de bataille.

Il rejoint Paris en compagnie de ses deux frères, Jean (comte du Poitou) et Louis (comte d’Anjou et du Maine) âgés respectivement de 16 et 17 ans et de son oncle Philippe, duc d’Orléans, âgé de 20 ans. Charles doit gérer les affaires courantes du pays en l’absence de son père. Il prend le titre de Lieutenant général du Roi. Il n’a que 18 ans.

Charles convoque les États Généraux le 17 octobre 1356. La situation est grave le roi est prisonnier et les anglais demandent une forte rançon. Les caisses de l’État sont vides suite à la levée d’impôts pour l’armée de Jean II. Mais la situation est encore plus grave. Le roi est prisonnier et la fine fleur de la noblesse est soit morte au combat soit faite prisonnière par les anglais.

A Paris, où se décide tout pour le royaume, il ne reste que quelques proches du dauphin: le duc d’Orléans, son oncle, ainsi que Charles de Blois, un des ducs de Bretagne, Louis d’Évreux, comte d’Étampes et le comte de Roucy, qui n’ont pas été faits prisonniers car, n’appartenant au parti royal, ils n’étaient pas présents à la bataille de Poitiers, des ecclésiastiques et des bourgeois pour décider de la suite de la direction du pays.

A l’ouverture de ces États Généraux le 17 octobre, le chancelier du roi, Pierre de la Forêt, archevêque de Rouen parle le premier. Il demande aux députés l’aide et le conseil pour la défense du pays et son gouvernement ainsi que pour la délivrance du roi Jean.

Charles prend la parole et reprend les requêtes de Jean de Craon, archevêque de Reims. Ce dernier pour le clergé, Philippe d’Orléans, pour les nobles et Étienne Marcel pour les bonnes villes répondent par des protestations de dévouement. Sur ces belles paroles, les États demandent un délai de réflexion pour délibérer et nomment une commission de 80 membres.

Le lendemain, la commission se réunit et décide de :

1° Emprisonner et confisquer de tous les biens des 22 officiers et conseillers du roi dont l’inflexible chancelier de France et premier président du parlement Simon de Bucy et les autres qui appartenaient à la magistrature, aux finances et à la maison du roi.

2° Faire un « audit »  du gouvernement actuel (les monnaies, les guerres, la justice, l’Hôtel du Roi…) pour affirmer que le pays était mal gouverner avant Poitiers

3° Décider du sort des coupables de la défaite de Poitiers.

Charles n’est pas au courant de ces décisions. On lui demande garder le secret sur ce qui va lui être rapporté. Il refuse mais on lui dira quand même.

Le discours est très simple : Ils veulent renverser ce qui reste du gouvernement de Jean II et le remplacer par un conseil nommé par eux. On n’est pas pressé de parler de lever d’impôt. Mais ce qui est encore plus grave, les États Généraux souhaiteraient que Charles endosse la responsabilité de dissoudre le gouvernement actuel sans en référer à son père.

Choqué par ces revendications, Charles réunit ses proches conseillers :

Les ducs d’Orléans et Le duc de Bretagne, Les comtes d’Étampes et Le comte d’Alençon, les Seigneurs de St Pol et de Roucy, Simon de Bucy, évêque de Soissons. Ils débattent. Il en ressort que ces demandes sont non faisables de droit.

Les États se réunissent de nouveau afin de connaître la décision de Charles. Avant l’heure, certains se réjouissent du renversement du gouvernement du roi, d’autres se congratulent et certains pensent à se venger des conseillers de Jean II. Ils déchantent vite, Charles dit « non » à toutes les revendications des États Généraux. Ils sont tous surpris et abasourdis.

Charles doit s’expliquer de cette décision. Il réunit une délégation des États Généraux dans les jardins du Roi constituée de :

3 prélats: Raymond Saquet, archevêque de Lyon Jean de Craon, évêque de Reims, Robert Le Coq, évêque de Laon,

3 seigneurs: Waceslas de Luxembourg, Jean de Conflans, maréchal de Champagne, Jean de Piquigny, gouverneur d’Artois

Des bourgeois pour les bonnes villes: Étienne Marcel, Charles de Toussac, échevin  et quelques autres bourgeois

Il leur explique qu’il a reçu des nouvelles de son père et de son oncle, l’empereur de la Germanie. Vu la gravité des revendications, ils leur demandent de repousser la réunion au 3 novembre. Bon gré mal gré, tous accèdent à cette demande.

Charles s’en sort bien, mais pour combien de temps ? Maintenant il est seul face à son destin.

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