LA CHEVAUCHÉE DU PRINCE NOIR VERS LE NORD

LA CHEVAUCHÉE DU PRINCE NOIR VERS LE NORD

Image mise en avant: Édouard de Woodstock, le Prince Noir

Les français s’attendent à une autre chevauchée du Prince Noir. Ils pensent qu’il va remonter la vallée du Rhône. Tout s’organise alors dans le camp français. Mais ils se trompent. Le Prince Noir ira vers le Nord faire la jonction avec son père. Il débarquera en Bretagne et attirera Jean II. Son fils en profitera pour prendre le roi de France à revers. Il sera donc pris en tenaille.

Son armée comptent 10 000 hommes dont la moitié de gascons. Les soldats sont des archers anglais, des coutiliers et des piquiers gascons, gallois et irlandais.

Parmi les chefs gascons nous retrouvons les frères d’Albret, les sires Pressac, Guillaume-Sanche de Pommiers et Eustache d’Abrichecourt. Dans les rangs anglais, nous avons des habitués comme le comte de Warwick et de Salisbury et lord Cobham, les maréchaux d’Oxford et Suffolk, Sir Richard Stafford et évidemment son ami, John Chandos. Le 22 juillet 1356, tout ce beau monde se met en ordre de marche.

Côté français, maintenant on sait que le Prince Noir se dirige vers le Nord en longeant le Poitou. On s’acharne à prendre Breteuil et son château fort tenus par les navarrais. Mais toutes tentatives de siège échouent. Jean II épuise ses forces à s’entêter de prendre la ville.

Le prince Noir conserve 8 000 hommes. Les 2 000 restant serviront à surveiller les agissements du comte d’Armagnac qui serait tenté de le prendre à revers.

Le 06 août, il atteint Périgueux, le 09 à Brantôme et le 14, il traverse la Vienne près de l’abbaye de la Peruse. Bien sûr, on pille et on incendie en avançant. Le 21 août il traverse la Creuse à Argenton sans opposition. Le 23, il arrive devant Châteauroux qu’on s’attarde à assiéger. Le 25, les anglais sont à Issoudun. Les français se sont réfugiés dans la tour du château et assiste au pillage de leur ville.

A ce moment, il pense que le fils de Jean II, le comte de Poitiers est à Bourges ainsi que son père, Édouard III. Il y envoie un détachement mais pas de comte de Poitiers et surtout son père n’est pas là. Il écrit au maire de Londres à titre de compte rendu : «  Notre intention était de faire une chevauchée en France et surtout de marcher sur Bourges pour y rencontrer le fils du roi Jean et d’y recevoir des nouvelles de notre père et Seigneur roi. » Les 2 espoirs sont déçus.

En fait, le comte de Poitiers s’est enfui de Bourges, la veille, et son père, Édouard III, ne débarquera pas en Bretagne. Il charge le Duc de Lancastre, actuellement en Bretagne, de faire la jonction avec son fils en Touraine début septembre 1356.

Le Prince Noir bifurque vers l’Ouest, le 26, il est à Vierzon.

Jean II a fini le siège de Breteuil. En fait, il a acheté le départ des navarrais car maintenant il est pressé le Prince Noir s’approche de la Loire. Il ne faut pas qu’il la franchisse. Le 1° septembre, le roi est à Chartres. Il mobilise entre 15 et 30 000 hommes. Il est stupéfait et ébahi de voir autant d’hommes. Il dit : «  Je loue Dieu de la foule autour de moi. »

Son armée est constituée de piétons et de piquiers des villes, des mercenaires lorrains et allemands de Sarrebrück et de Nassau, des écossais des frères Douglas ainsi que des Aragonais et Castillans. Car trop encombrant, il licencie la « merdaille » les piétons et piquiers qui ne savent pas se battre. Et bien sûr, sont présents les chevaliers et les écuyers comme Arnaud de Cervole, Eustache de ribemont et Guichart d’Angle. Il faut savoir que ces seigneurs ne vont pas à la guerre, motivé. Ils n’ont pas confiance en leur roi.

Le roi est inconscient. Il emmène toute sa famille dont son frère, le duc d’Orléans, qui a 20 ans et tout ses fils qui sont bien jeunes : Charles, duc de Normandie 19 ans, Louis, duc d’Anjou 17 ans, Jean, comte de Poitiers 16 ans et Philippe de Touraine 14 ans. Ils sont bien encadrés par le connétable Gautier VI de Brienne, duc d’Athènes et les maréchaux de Clermont et d’Audrehem. L’armée s’ébranle vers la Loire.

Le prince Noir envoie en éclaireur Chandos et Audley reconnaître un passage pour traverser la Loire. Il arrivent près d’Orléans. Mais le pont est trop bien gardé, impossible de traverser. Il décide de pousser jusqu’à Tours afin de faire la jonction avec les forces du duc de Lancastre. En chemin, il fait des prisonniers. Il lui apprennent les effectifs de l’armée française. Il est désormais en position de faiblesse.

Devant lui Romorantin. Cette ville est fortifiée et tenue par Jean de Craon et Boucicaut de solides chefs. Il mettra 3 jours à assiéger le château qui tombera le 03 septembre. Boucicaut est fait prisonnier. Pas le temps de s’attarder, les français avancent vite. Le 7 septembre, il arrive à Tours. La ville fortifiée comptent 12 000 habitants. Les remparts ne sont pas en bon état. On a creusé des fossés autour de la ville. Le 2° fils du roi Louis et le maréchal de Clermont sont sur place.

Le Prince Noir envoie Barthélémy Burgherch avec 1500 hommes assiéger la forteresse. L’assaut échoue. Il tente d’attirer le maréchal de Clermont à l’extérieur. Cela ne marche pas. S’ajoutent à ses échecs, la pluie, la boue et aucune nouvelle du duc de Lancastre. Le moral des anglo-gascons est au plus bas. Il est inquiet car le roi de France avance vite. Le 8 septembre il est à Meung, le 09 à Blois. Le 10 septembre Jean II divise son armée en 2. L’une descendra la Loire par la rive gauche et l’autre par la rive droite. Il est à moins de 20 km des anglais.

Le Prince Noir voit le piège se refermer sur lui. Il décide de quitter Tours et de rejoindre Bordeaux. Le 11, il lève le camp.

C’est la course poursuite du Prince Noir et du roi Jean II. Malgré l’intervention du pape pour une trêve, qui s’avère vaine, la marche reprend vers le sud. Le 13, il traverse la Creuse. Le 14, il atteint Châtellerault. Jean II, lui, traverse la Creuse quelques heures après le Prince de Galles. Pourtant, il décide de se reposer quelques jours à Châtellerault en attendant le duc de Lancastre qui ne viendra pas. En effet, celui-ci peut pas traverser la Loire car les français tiennent durement et chèrement le pont du village des Ponts de Cé, près d’Angers. Le Prince Noir est maintenant seul.

Jean II ne sait pas exactement où sont les anglais. Ils sont sur sa droite vers Poitiers. Il avance trop vite par la rivière La Vienne et les a même dépassés. Maintenant, il est devant. Arrivé à Champigny, il décide de partir à droite en direction de Poitiers pour rencontrer les anglais et engager la bataille.

Le 17 Le Prince Noir reprend sa marche en direction de Poitiers. Il traverse la route de Chauvigny-Poitiers. Il ne sait pas que presque toute l’armée française est déjà passée et est maintenant à Poitiers. Et pourtant, 500 hommes de Jean II restés en arrière, ne voulant pas se mêler à cette cohue, ont attendu le lendemain pour rejoindre le gros des troupes.

Jean II de Châtillon, maréchal de bourgogne, Jean III de Chalon, comte d’Auxerre, bouteiller de France et Jean de Nevers, comte de Joigny commandant ces quelques centaines d’hommes tombent sur un petit détachement anglais et se mettent à les poursuivre. Alors qu’ils débouchent sur une clairière, ils aperçoivent toute l’armée du Prince Noir. Il s’ensuit un combat farouche où 200 soldats français sont tués et les 3 comtes sont faits prisonnier.

Quelques cavaliers réussirent à s’enfuir et préviennent le roi. Jean croyait les anglais devant alors qu’ils sont derrière. A l’inverse, le Prince de Galles croyait les français derrière alors qu’ils sont devant. Tous s’arrêtent et préparent la bataille qui sera le désastre français de Poitiers du 19 septembre 1356….

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