LE RETOUR DU ROI JEAN II

LE RETOUR DU ROI JEAN II

Image : le retour du roi Jean II à Londres

Depuis 1356, année de son emprisonnement, Jean II s’aperçoit que la France a bien changé et la royauté avec. Il y a un vent d’indépendance autour du roi. En effet:

– Charles a pris trop de responsabilités qui ne sont pas les siennes et nuit à son père.

– Jean, son deuxième fils, rechigne à être otage à la place de son père.

–  Louis, dont les fiançailles étaient prévues avec une princesse d’Aragon, s’est marié sans cérémonie avec Marie de Blois-Châtillon, fille de Charles de Blois un des protagonistes de la guerre de succession de Bretagne.

– Pire encore, Charles de Navarre, maintenant redevenu roi depuis sa libération des prisons françaises, ne veut pas prêter hommage lige au roi Jean II.

La France a donc bien changé en son absence.

Le traité de Brétigny signé et une partie de sa rançon payée, Édouard III libère temporairement le roi de France. Le 09 octobre 1360, Édouard III arrive à Calais. Il y rejoint Jean II, déjà là, depuis le 08 juillet mais pour le moment toujours prisonnier. Mais Édouard III prévient quand même le roi Jean : 

« – Beau-frère, dit-il à Jean II, prenez bien garde d’observer loyalement tout le traité, car autrement nous n’avons pas la volonté de le jurer. Et nous ne le tiendrons que si vous-même le tenez.

– Cher Beau-frère, je respecterais le traité selon la volonté de sceller la paix entre nos 2 royaumes. »

Édouard III est satisfait. Les 2 rois lisent et signent le traité. En date du 28 octobre, Jean II est libre.

Le 29 octobre 1360, il reprend la route de Paris sans son fils Charles resté à Boulogne. En route, il donne des ordres à son entourage et reprend les rênes du pouvoir. Il arrive à Paris le 13 décembre 1360.

Quant à Édouard III, il reprend le chemin vers l’Angleterre. Il emmène avec lui les otages en remplacement du roi Jean. Ils seront libérés contre le versement de toute la rançon soit 4 000 000 d’écus d’or.

Jean II a repris sa place de roi à Paris. Charles, lui, est redevenu duc de Normandie et dauphin du Viennois.

Cette année 1360 est un grand malheur pour la royauté française. Deux des filles de Charles décèdent. Jeanne, âgée de 3 ans et Bonne, âgée d’un an. Jean, lui, perd sa 2° épouse Jeanne comtesse de Boulogne et d’Auvergne de la peste.

Jean II, maintenant aux commandes, les français de Londres sont aussi de retour. Ils remplacent l’équipe en place de Charles. Un nouvel ordre politique et social se met en place :

– Restauration des cadres de l’État avec une réduction des fonctionnaires.

– Épuration du personnel des finances.

– Création d’une nouvelle monnaie forte et stable : le Franc

Jean II nomme ses proches :

– Le président de la Chambre des Comptes, Jean d’Anguérant, évêque de Chartres

– Le Grand Conseil du roi, Guillaume et Jean de Melun, Jean d’Artois, Jacques de Bourbon, le comte de Sarrebrück ( seul et unique représentant du dauphin), le comte de Ventadour, les maréchaux Arnoul d’Audrehem et Boucicaut

– Le Maître des Eaux et Forêts, Jean de Melun, comte de Tancarville

– Chambellan de Charles afin de le surveiller, Adam de Melun

Tous les français de Londres ont été placés aux poste-clés. Le roi a la main mise sur tout. Les bourgeois révolutionnaires, les parisiens d’Étienne Marcel et même les intellectuels proches des universités sont écartés du pouvoir.

Et Charles, le régent ?

D’abord, il n’y a plus de régent car le roi est là. Il lui a retiré tous ses pouvoirs et même son logement de fonction. Globalement, pour le moment, il est mis à la retraite. Il doit quitter le palais royal. Il s’installe chez son ami, Louis d’Évreux, le comte d’Étampes, à l’hôtel Saint Pôl. Mis à l’écart, il ne siège plus au Conseil du roi. Maintenant, il est redevenu duc de Normandie et dauphin du Viennois. Mais Charles prend patience. Il réfléchit et se dit : «  J’en ai vu d’autres avec Etienne Marcel. Soyons patient. »

Le droit privé étant une chose et la raison d’État une autre, Charles est rappelé par son père. Il l’envoie en Bourgogne assurer la succession du duché de Bourgogne. En effet, Philippe Rouvre, duc de Bourgogne, âgé de 15 ans meurt prématurément de la peste. Il faut lui désigner un successeur. Charles règle l’affaire. La Bourgogne est divisée. Les comtés de Boulogne et d’Auvergne, d’Artois et la Franche-Comté sont distribués aux héritiers et le roi de France le duché de Bourgogne.

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