LA BATAILLE DE PONTVALLAIN 1370

LA BATAILLE DE PONTVALLAIN 1370

La bataille de Pontvallain ( 72 ) fut par ses résultats beaucoup plus importante que considérable en elle-même. Cinq à six milles hommes se firent face. Par contre, cette victoire prise à la légère par les anglais permis aux français d’abord de les expulser du Maine, de l’Anjou et du Poitou mais surtout d’entamer la fin de la suprématie anglaise sur la France.

Les anglais débarqués de Calais assiègent Paris. Mais le roi ne bouge pas sur les conseils d’Olivier de Clisson. Trois jours plus tard, ils quittent la capitale et se dirigent vers le Maine.

Maintenant, ils savent que Bertrand est connétable de France et veulent en découdre. Ils envoient un héraut parlementer avec lui au château de Viré en Champagne, son campement :

– Sire, je viens de la part de Thomas de Grandson en l’absence de mon seigneur Robert Knollys, d’Hugues Calveley, de David Hollegrave et de Geoffroy Horselay qui sont à Pontvallain. Ils savent que vous êtes maintenant connétable et que vous en êtes très digne. Ils requièrent que vous leur accordiez une bataille. Vous en fixerez le jour et l’heure. Si vous refusez, ils viendront à vous et vous serez couvert de honte.

Recommandez-moi auprès d’eux, et dites-leur bien que dans peu de temps, ils auront de mes nouvelles.

Invité par Bertrand, il fit boire le héraut jusqu’à l’ivresse. Puis, celui-ci s’endormit sur place.

Disposition des corps de bataille de Du Guesclin

Avant-garde : Bertrand avec cinq cents hommes. Il est accompagné du comte de Saint-Pol et ses deux fils, Olivier du Guesclin, son frère, les deux de Mauny et de Beaumont ainsi que Guy XII de Laval.

Le corps de bataille : Le maréchal d’Audrehem avec huit cents hommes

L’arrière-garde : Olivier de Clisson et le maréchal de Blainville avec le reste de l’armée soit mille sept cents hommes. Ils sont accompagnés du comte de la Perche, les seigneurs de Rohan, de Vienne, de la Hunauday et bien d’autres.

A la tombée du jour, Bertrand quitte son campement de Viré. Toute la nuit, il a plu. Cette marche forcée d’une cinquantaine de kilomètres épuise aussi bien les hommes que les chevaux. Le corps de bataille et l’arrière-garde sont distancés.

Au petit matin, il arrive à Pontvallain. Il fait reposer ses hommes pendant une heure.

Les anglais s’aperçoivent des mouvements de troupes. Comme ils attendent des renforts et que les bannières françaises ne sont pas déployées, ils ne s’inquiètent pas plus que cela.

Après que les hommes soient reposés, Bertrand met en ordre de bataille son avant-garde. Il fait déployer les étendards, sonner les trompettes et marcher ses troupes sur l’ennemi. Nous sommes le 04 décembre 1370.

Les anglais sont surpris de voir les français si tôt en ordre de bataille. Les premiers, environ cinq à six cents soldats, s’équipent rapidement et se mettent aussi en rangs serrés, prêts à combattre.

Puis, le départ est donné de part et d’autre. Les lances s’entrechoquent violemment. Le front des combats ne bouge pas jusqu’au moment où Du Guesclin dit à ses hommes de sortir les haches. Les rangs anglais sont enfoncés. Malgré une bonne résistance, deux cents anglais sont tués.

Thomas Grandson, voyant arriver la débâcle, vient aider ses troupes avec le reste de son armée, environ deux milles hommes. Les français commencent à faiblir sur ses ailes.

A ce moment, arrive le maréchal d’Audrehem avec son corps de bataille. Sans être effrayés et pas reposés de la marche forcée, les français se jettent sur les rangs anglais. Ces derniers sont une nouvelle fois surpris de la charge qu’ils ne s’attendaient pas. Les forces sont devenues maintenant égales.

Mais d’autres renforts anglais arrivent. L’arrière-garde commandée par Olivier de Clisson se jette sur eux. Avec beaucoup de résolutions et de succès, ils sont mis en déroute. Le combat bascule du côté des français. Les chefs anglais se rendent les uns après les autres. Le combat touche à sa fin.

Grandson est obligé de se rendre à Du Guesclin. Mais celui-ci saisit sa hache et tente de porter un coup à Bertrand qui l’évite de justesse. Il lui fait un croche-pied et Grandson tombe à terre. Bertrand prend, alors, une dague et le menace de l’enfourcher. Contraint et forcé, Grandson se rend. Olivier de Clisson, surnommé le Boucher, voyant le connétable en danger arrive sur Grandson et veut le tuer. Bertrand s’interpose et lui dit :

– Seigneur, ce n’est pas nécessaire. Maintenant il est mon prisonnier.

La bataille est terminée. Les chefs comme les soldats se rendent aux français. Les bannières de Grandson sont jetées à terre et son campement est pillé.

Hugues Calveley, qui revient de Bordeaux avec des hommes, apprend par un des siens que son armée est déconfite. Connaissant la volonté et l’ardeur de Bertrand du Guesclin. Il préfère se mettre en sécurité. Il part se réfugier dans un lieu sûr au château de Vaas non loin du Château du Loir.

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