LA GUERRE CIVILE EN ESPAGNE

LA GUERRE CIVILE EN ESPAGNE

Le contexte

En France, Charles V met fin aux conflits internes du royaume. Il est même en paix avec Édouard III, roi d’Angleterre. Du coup, les mercenaires employés pour faire la guerre à Crécy et à Poitiers sont au chômage. Ils ne veulent pas quitter le royaume et ravagent tout sur leur passage. Une idée mûrit dans la tête du roi : Envoyer ces brigands en croisade. Ils pourront aller aider Jean V Le Paléologue pour sauver ce qui reste de l’empire romain d’Orient et surtout s’y faire massacrer par les turcs pour ne plus revenir. Il en parle au pape qui est aux anges. Il pourra enfin se débarrasser des compagnies qui se sont agglutinées autour d’Avignon, cité de Papes. C’est un échec. Les Compagnies sont trop gourmandes.

Par chance, la péninsule ibérique s’enflamme. Maintenant, la guerre ne se trouve plus en France mais de l’autre côté des Pyrénées, en Espagne dans la royaume de Castille.

Et pourquoi pas une croisade en Espagne ? Cette affaire aura 2 objectifs  pour le pape Urbain V et le roi de France Charles V : Se débarrasser des Compagnies stationnées autour d’Avignon, devenues gênantes et dangereuses, et venir en aide à Pierre IV le Cérémonieux, roi d’Aragon, victime des incursions sur ses terres de Pierre le Cruel, actuel roi de Castille. Mais surtout placer Henri Trastamare, demi-frère de l’actuel roi de Castille, Pierre le Cruel sur le trône de Castille.

Nous rencontrons ici, en Castille, le même problème que de la France a vécu en 1337 entre Édouard III et Philippe VI de Valois, la succession du royaume de Castille.

Alphonse XI, s’étant marié avec Marie Constance du Portugal, n’a eu qu’un enfant, Pierre. C’est un enfant légitime mais mal aimé par la noblesse castillane. Il est rapidement écarté du pouvoir avec sa Mère. De son côté, le roi Alphonse XI a une maîtresse, Léonora de Guzman qui lui donna 11 enfants illégitimes dont Henri de Trastamare.

En 1350, décède Alphonse XI. La guerre de succession commence. Qui de Pierre ou d’Henri Trastamare deviendra roi de Castille ?

Pierre, enfant légitime devient roi de Castille sous le nom de Pierre I° dit le Cruel. Il élimine la maîtresse de son père. Henri, son beau-frère, s’enfuit du royaume et se réfugie tantôt en Aragon tantôt en France. Pierre le Cruel mérite bien son surnom de « Cruel ». Il se marie avec une princesse française, Blanche de Bourbon belle-sœur de Charles V, roi de France, qu’il délaisse au profit de plusieurs maîtresses. Il la fait même assassiner. Elle n’avait que 25 ans. C’est un roi mal aimé multipliant les méfaits et les assassinats autour de lui. Il réussit même à s’attirer les foudres de l’église car il s’allie aux musulmans encore présents dans le sud de l’Espagne et s’accorde les bonnes grâces des juifs passés maître dans la levée des impôts. Il est leur ami et protecteur. Mais le pire, il s’allie aux anglais.

Henri, réfugié en Aragon puis en France, prend la tête d’une bande de mercenaires dans le sud de la France. En 1362, avec l’aide du maréchal Arnoul d’Audrehem et de l’argent du roi d’Aragon, il monte une expédition pour reprendre son trône. Mais le roi d’Aragon ne paiera pas. Elle s’arrêtera à Pamiers, faute d’argent.

C’en est trop pour le roi de France Charles V et le pape Urbain V.

De son côté, Pierre IV dit le Cérémonieux est un souverain énergique, froid et calculateur sans scrupule. Il est capable de pires atrocités pour arriver à ses fins. Il convoite des terres de son voisin de Castille, Pierre le Cruel. Il négocie avec Henri Trastamare. L’objectif du roi d’Aragon est simple : demander de l’aide militaire de la France avec l’aval du pape. Mettre en place Henri Trastamare, roi de Castille et récupérer des terres frontalières à l’Aragon.

Pour le pape, l’idée est excellente. Il pourra enfin se débarrasser des compagnies qui dévastent la région. Quant à Charles V, il se satisferait d’un changement de roi qui aiderait la France avec une marine efficace en cas de conflit avec les anglais.

Les pièces de l’échiquier sont en place. Nous sommes en 1365.

Envahir la Castille avec quelle armée ? Qui commandera cette troupe ? Surtout, qui paiera cette expédition ?

Autant de questions que se posent le roi de France et le Pape.

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