1364 – 1368 LE ROYAUME DE FRANCE EN DANGER

1364 – 1368 LE ROYAUME DE FRANCE EN DANGER

1° Après le traité de Brétigny de 1360, des milliers de mercenaires restent sur le sol français au grand dam du peuple français et de Charles V. Ils pillent, tuent et volent tout sur leur passage. Ils s’installent durablement.

2° Ce traité honteux donne des terres françaises aux anglais. Il oblige ces seigneurs par la contrainte à obéir voire même à combattre contre les français.

3° En 1365, la paix de Guérande met fin aux hostilités en Bretagne entre bretons mais Jean IV de Montfort reste un allié des anglais.

4° En 1364, Charles de Navarre revendique le duché de Bourgogne donné à Philippe Le Hardi, frère de Charles V après la mort par la peste de Philippe de Rouvre à l’âge de 15 ans

5° En 1364, Louis II de Flandre dit Louis de Male, comte de Flandre, de comte de Rethel et de Nevers, a une fille Marguerite III de Flandres qui sera héritière de tous ses biens à sa mort mais aussi ceux de sa mère avec les comtés d’Artois et de Bourgogne. Édouard III propose de la marier son fils Edmond de Langley, comte de Cambridge. Jean II refuse. A sa mort, le mariage est décidé. Voilà une autre épine dans le pied pour Charles V. Les anglais sont installés en Guyenne depuis le mariage d’Aliénor d’Aquitaine avec Henri de Plantagenêt, futur roi d’Angleterre et maintenant la Flandre avec le mariage de Marguerite III de Flandre. Avec cette nouvelle union, les anglais occuperaient le sud et le nord de la France. Danger imminent en pleine Guerre de Cent Ans.

Charles V est un fin diplomate. Son idée est de donner au royaume une structure proche du fédéralisme sans nuire à son intégrité et son unité. Il s’entoure ainsi d’intellectuels pour la mise en œuvre de cette politique comme maître Anseau, docteur en droit canon, licencié en droit civil et spécialisé en droit public. Tous les deux, ils mettent au point des principes et des armes juridiques pour affronter tous ces délicats problèmes.

Les Compagnies

Le traité honteux de Brétigny jette sur les routes de France, des milliers de mercenaires. Ils se regroupent tous et forment « la Compagnie Blanche ». Ayant écumés les provinces du centre de la France, ils décident de descendre vers Avignon, la cité des Papes.

Elle regorge de richesse. Jean II tente d’enrayer cette vague de pillage. Il envoie une armée de 12 000 hommes contre la Compagnie blanche. Celle-ci est taillée en pièce à la bataille de Brignais le 06 avril 1362. Échec total. Charles V use de plus de raisonnements. Il rencontre le pape. Ils décident ensemble de mettre en place une croisade. Elle permettra d’envoyer les mercenaires hors de la France mais aussi de la cité des Papes. C’est décidé ; l’expédition ira en Espagne combattre Pierre I° de Castille dit le Cruel. Il faut trouver un chef. Un nom circule : Bertrand Du Guesclin. En 1365 ; il quitte la France avec 12 000 mercenaires. Charles V a réussi ce joli coup de force par la diplomatie.

La Bretagne :

Charles V ne cherche que l’hommage-lige de jean IV de Montfort pour la Bretagne. La chose n’est pas simple. Mais le 13 décembre 1366 à Paris, le duc de Bretagne prête hommage lige au roi de France. En effet, le duc de Bretagne est Pair de France et son duché est un des principaux fiefs du royaume. Ses prédécesseurs ont toujours prêté hommage lige au roi de France. Jean de Montfort, en contre partie, demande au roi de ratifier le traité de Guérande par un arrêt du Parlement. Ainsi, toute peur du retour des Penthièvre serait écartée. Charles V devient le souverain de la Bretagne. En 1367, il rendit même les biens confisqués par Philippe VI à Olivier de Clisson.

La Flandre et la Bourgogne :

Édouard III veut marier son fils, Edmond de Langley, comte de Cambridge à Marguerite III de Flandre, seule héritière du comté de Flandre, des comtés de Bourgogne et de Rethel par son père, Louis de Male et les comtés du Brabant, du Limbourg et d’Artois par sa mère, Marguerite de Brabant. Mais le pape Urbain V, par le droit canon, en décida autrement. En effet, Edmond de Langley et Marguerite III de Flandre sont cousins au quatrième degré de parenté. Le pape refuse le mariage. Il est donc annulé.

Édouard III est fort courroucé quand il apprend que le pape autorise le mariage de Philippe de Bourgogne appelé Philippe le Hardi depuis la bataille de Poitiers, frère de Charles V avec Marguerite III de Flandre.

En fait, le problème est autre. Le pape est français proche du roi. Il ne veut pas de mariage avec un anglais qui permettrait à Édouard III d’avoir un deuxième pied à terre sur le territoire français avec la Guyenne. Il pourrait, ainsi, déclencher un autre conflit contre le royaume de France à partir de la Flandre. Louis de Male a résisté longtemps avant d’accepter ce mariage sous la condition de lui restituer les châtellenies de Lille, Douai et Orchies saisies par Philippe le Bel et le paiement de 200 000 francs or. Le mariage est conclu par le traité de Gand le 12 avril 1369. Il est célébré 3 mois plus tard le 19 juin 1369.

Quant à Charles de Navarre, ses espoirs de récupérer la Bourgogne s’éloignent. Ne voulant pas perdre la face, il demande à Charles V de lui restituer les villes de Mantes, de Meulan et le duché de Longueville pris par Bertrand Du Guesclin sur son ordre. Charles V refuse. En échange, il lui donne la ville de Montpellier.

Il porte bien son nom de Charles V le Sage.

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